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Le saviez vous ?
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Quand le beurre était interdit de Carême
Au Moyen Age, lors du Carême faire maigre était le maître mot.
Aux 40 jours précédant Pâques, s'ajoutaient de multiples autres
occasions de jeûne et/ou d'abstinence. Le tout atteignant jusqu'aux deux
tiers de l'année ! Avec une règle claire et simple : étaient
proscrits toutes les viandes et autres produits des animaux terrestres et aériens.
Autant dire qu'en ces temps où sévissaient parfois famine et disette,
certains s'en sortaient considérablement amaigris,
voire affaiblis. Ici ou là des ecclésiastiques compréhensifs
autorisaient leurs ouailles à déroger à la règle.
Mais il fallut attendre la fin de cette période pour que se tempère
la rigueur des théologiens et qu'ils autorisent le retour du beurre sur
les tables du Carême.
Contre la goutte : le beurre bien sûr !
Il y a deux siècles à peine, nombre de médecins - réels
ou imaginaires - ont mis le beurre à toutes les sauces (si l'on ose dire)
pour soigner les affections les plus variées. De manière presque
classique on l'a ainsi utilisé pour calmer les brûlures, les inflammations,
voire soulager les blessures des hommes et des animaux. Plus étonnant,
il fut utilisé, frais, en clystère car supposé efficace contre
la dysenterie. Mais les amateurs impénitents de trop bons vins en ont aussi
fait leur allié : ils le transformaient en huile après l'avoir fait
fondre sur la cendre et non sans y adjoindre
l'équivalent de son
poids en eau de vie.
Autant de potions que nous vous déconseillons formellement d'essayer sans
l'avis formel de votre médecin d'aujourd'hui !
Décor et emballage : à la fois signature et garantie
Du supermarché à la crémerie de détail, il subsiste
aujourd'hui une certaine diversité dans la présentation des beurres.
Il y a un ou deux siècles, elle était encore plus variée
selon les usages
et les personnes auxquelles il était destiné.
À la ferme, voire à la maison, on le conservait tout simplement
brut en pots de grès. Livré au négociant sous forme de motte
ou de pain, il se voyait emballé sous des formes différentes selon
le client final. On a ainsi souvent vendu le beurre commun entouré d'une
feuille de chou, de bette ou de vigne. Mais le beurre fin, destiné aux
clients " de qualité " était quant à lui emmailloté
de mousseline ou de toile avant de bénéficier de la fraîcheur
des feuilles de diverses plantes. Quant aux dessins, marques ou initiales qui
ornaient souvent le sommet et les côtés de la motte, ils ont souvent
rempli un rôle de signature, indiquant en particulier d'où et de
chez qui elle provenait : chacun s'attachait en effet à disposer d'un décor
différent de ceux des concurrents.
Plus prosaïquement, si ces décors restaient intacts, ils permettaient
de garantir que nul n'avait subrepticement subtilisé une portion du précieux
aliment.
D'Egypte en
Ethiopie aussi
Les amateurs de Alix, héros d'une bande dessinée qui traverse les
générations avec bonheur, ne peuvent ignorer qu'au temps des Pharaons
il n'était pas de fête réussie si les convives n'avaient auparavant
dressé sur leur tête une motte de beurre parfumé. Celle-ci
était réputée en fondant, répandre alentour de délicieuses
senteurs. Non loin de là, et des siècles plus tard, la coutume a
persisté en Ethiopie où des herbes odorantes étaient mêlées
au beurre fondu avant que celui-ci ne soit appliqué sur les cheveux des
femmes
et des chasseurs les plus valeureux. Elle était sensée
attirer sur eux le regard bienveillant des dieux. Pénitence oblige, cette
marque d'élégance était proscrite en temps de Carême
pour les chrétiens de ce pays. Toujours en Ethiopie, on posait sur la tête
des jeunes filles de certaines tribus un morceau de beurre consacré afin
d'exaucer leur vu d'être fécondes. Coutumes lointaines ?
Pas autant qu'on pourrait le croire : il fut un temps où les épouses
de nos ancêtres Gaulois se passaient aussi du beurre dans les cheveux
Quand le beurre se faisait cosmétique
A tous les siècles ou presque nos anciens ont utilisé le beurre
en cosmétique. Dès le début de notre ère, sa faculté
de nourrir la peau a été mise évidence,
ne lui épargnant aucun avatar. Onguent contre l'érythème
fessier des nourrissons ou contre les boutons, on lui a aussi demandé de
soulager les coups de soleil ou les dartres. De la Renaissance au XVIIIe siècle.
Il fut aussi préconisé dans bien des compositions : un jour comme
démaquillant,
le lendemain pour effacer les tâches de rousseur, blondir les cheveux ou
donner au visage lustre et teint de porcelaine avant que la mode n'en vienne aux
peaux mates. Beaucoup de ces recettes nous paraissent aujourd'hui fantaisistes.
Elles illustrent pourtant le sens de l'observation de nos aïeux : les lipides
du beurre aident indéniablement à maintenir la peau hydratée,
tandis que sa vitamine A favorise le renouvellement des cellules. Ils utilisaient
déjà ses propriétés anti-inflammatoires pour calmer
les rougeurs de la peau. Et voilà comment nos arrières grands-pères
faisaient de la cosmétique sans le savoir !
Amann Mad se veut le chantre des beurres salés bretons
Association de 8 producteurs de beurre en Bretagne, Amann Mad veut mettre en avant
l'identité culturelle des beurres salés bretons intimement liés
à de nombreuses traditions de la région. Traditions culinaires en
particulier,
avec les kouign-amman, caramels au beurre salé, biscuits, crêpes
et autres galettes au beurre, mais aussi traditions religieuses, avec, par exemple,
l'offrande du beurre à Notre-Dame du Krann le jour de la Trinité
par les habitants de Spézet (Finistère). Outre des actions pédagogiques,
en lien avec l'Education Nationale, les écoles hôtelières
et les universités, une exposition itinérante, conçue par
des étudiants en Histoire de l'Art de Rennes tournera, dans les prochaines
semaines dans plusieurs villes bretonnes.
Des grands crus de beurre dès le XIIe siècle
Dès le XIIe siècle, à Paris, les beurres d'Isigny (aujourd'hui
en appellation d'origine contrôlée ou AOC) s'étaient taillés
une solide réputation
Par leurs qualités propres, bien sûr,
mais aussi pour la prosaïque raison que cette région de production
se trouvait à moins d'une journée de Paris. Les beurriers de là-bas
s'étaient dotés de récipients en permettant une conservation
optimale : petits ou grand pots de grès, voire de bois. Au fur et à
mesure de l'amélioration des voies de communication, d'autres beurres
firent leur apparition sur le marché parisien tel celui de la Prévalaye
près de Rennes
Ceux que l'on continuait à acheminer par
bateau jusqu'au Havre avant de les faire poursuivre par route jusqu'à
la capitale avaient moins de chance
Pour d'évidentes raisons de
conservation, on préféra longtemps, dans les villes, les beurres
provenant des alentours immédiats. Cette denrée restait pourtant
rare dans les grandes agglomérations, d'où des prix assez élevés.
Tout était alors réuni pour que les quelques beurres arrivant
bien conservés à destination se hissent au statut de produit à
la mode dont maint écrivain de l'époque pouvait vanter les mérites
sous réserve que sa bourse lui permette d'y goûter.
Quand le beurre suscitait l'imagination des fraudeurs
Avec des prix doublés, voire triplés en quelques années à
certaines époques,
le beurre fut souvent l'objet de l'imagination des fraudeurs. Au point que sous
Louis XI les faussaires beurriers étaient visés par des édits
précisant comment devaient être punis ceux qui se faisaient prendre.
Les techniques de fraudes étaient légion pour augmenter le poids
de la motte, à commencer par la pierre coulée en son milieu ! L'adjonction
de carotte ou de pollens permettait de redonner de la couleur à des beurres
trop blancs
Mais on y a aussi ajouté,
au fil des siècles, des denrées aussi diverses que de l'eau (le
plus simple), de la craie, du suif, des navets et même de l'acétate
de plomb et bien d'autres !
Au XVIIIe siècle, de redoutables "crémières"
recouvraient des mottes de beurre rance d'une fine couche de beurre frais. Le
consommateur averti faisait trancher la marchandise pour pouvoir en goûter
l'intérieur.
Aujourd'hui, rassurez vous, la composition du beurre est rigoureusement réglementée
: 82 % de matière grasse butyrique, et, au maximum, 16 % d'eau et 2%
de matières sèches non grasses (lactose, acide lactique et protéines).
Les rites du beurre
Dans la religion hindouiste, le beurre est utilisé dans les rites de
purification des idoles : au temple de Madurai, les fidèles lancent des
boulettes de beurre mélangé à de la poudre vermillon sur
la statue de Kâli.
Au Tibet le beurre est le cadeau par excellence, symbole de bonne augure.
Aux fêtes du nouvel an, la maîtresse de maison dépose du beurre
sur la tête des convives et en enduit certaines parties de la maison.
Au Cameroun, les Massa emploient du lait de vache et du beurre, mélangés
à des pigments, comme maquillage corporel, lors des fêtes traditionnelles.
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Les
Expressions
Le beurre fait partie intégrante de la langue française,
découvrez toutes
les expressions. |
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